Professorin am D-BSSE

Point de Presse, 28.12.2021, Prof. Tanja Stadler

Mesdames et Messieurs, 

  • Le premier cas Omicron confirmé en Suisse a été trouvé dans un échantillon prélevé il y a 5 semaines.
  • Aujourd’hui, les infections dues à Omicron ont dépassé en nombre celles dues à Delta.
  • Ce sont les données de laboratoire des régions urbaines autour de Zurich, Genève et Bellinzone, les données de séquençage à l’échelle de la Suisse et les données des eaux usées qui nous l’apprennent.
  • Avec aucun autre variant, nous n’avons vu cette augmentation très rapide de la fréquence.

À quoi nous attendons-nous pour les semaines à venir ?

  • Il est clair qu’Omicron représentera près de 100 % des infections dans les semaines à venir.
  • On ignore à quelle vitesse le nombre de cas va augmenter – cela dépendra du nombre de contacts que nous tous aurons.

La task force a calculé des scénarios pour discerner les évolutions possibles. Les scénarios nous aident à nous faire une idée de l’évolution possible malgré les incertitudes.

[Scénario 1 
Coordonnée : cas confirmés par jour
Abscisse : décembre             janvier]

Ces scénarios reposent sur l’hypothèse d’une valeur R de Delta à 0,9.

Cela signifie que les cas d’infection au variant Delta, représentés ici en bleu, diminuent.

Omicron a un avantage certain en termes de croissance. En nous basant sur les données du séquençage effectué dans toute la Suisse, nous estimons la valeur R pour Omicron à environ 2.

[Scénario 1
Coordonnée : cas confirmés par jour
Abscisse : décembre             janvier]

De la sorte, l e nombre de cas Omicron augmente rapidement ; il est représenté ici en orange.

La zone orange foncé est l’intervalle d’incertitude.

[Scénario 1    Omicron Delta Cas confirmés en laboratoire (moyenne 7 jours)
Coordonnée : cas confirmés par jour
Abscisse : décembre             janvier]

Le nombre de cas rapportés jusqu’à hier est représenté par une ligne rouge et correspond à ce qui était attendu jusqu’à présent dans le scénario.

À la mi-décembre, le nombre de cas a légèrement diminué. Entre-temps, le nombre de cas augmente à nouveau. La valeur R d’Omicron et de Delta à l’échelle de la Suisse est de 1-1,2.

Nous nous attendons à ce que les mesures prises le 20 décembre aient fait baisser la valeur R pour Delta et donc aussi pour le variant Omicron. Ainsi, le nombre de cas devrait également augmenter moins fortement dans les jours à venir que ce qui est illustré par la ligne orange.

Si les mesures du 20.12 ont réduit la valeur R pour Delta à 0,7, nous obtenons le scénario suivant :

[Scénario 2    Omicron          Delta   Cas confirmés en laboratoire (moyenne 7 jours)
Coordonnée : cas confirmés par jour
Abscisse : décembre             janvier]

Dans ce cas, le nombre de cas continue d’augmenter rapidement, mais pas aussi rapidement que dans le scénario 1.

Si la valeur R est réduite à 0,5, ce qui est une hypothèse très optimiste, nous nous attendons au scénario suivant.

[Scénario 3    Omicron          Delta   Cas confirmés en laboratoire (moyenne 7 jours)
Coordonnée : cas confirmés par jour
Abscisse : décembre             janvier]

L’évolution réelle du nombre de cas peut tout à fait se situer entre les différents scénarios présentés.

Il importe de souligner que, dans tous les scénarios, un nombre de cas de l’ordre de 20 000 durant la première quinzaine de janvier est un scénario plausible.

Que signifient ces scénarios pour les personnes vaccinées et les personnes guéries ?

  • Il a été démontré, sur la base de données internationales, que la vaccination contre l’infection par Omicron protège moins bien que ce n’était le cas pour Delta. Comme déjà indiqué il y a deux semaines, la troisième vaccination a également un effet très positif dans le cas d’Omicron, du moins à court terme.
  • Ainsi, la rapidité avec laquelle les troisièmes vaccins seront administrés aura une influence décisive sur le nombre de contaminations dans les semaines à venir.
  • Une infection subie semble générer une protection comparable à une double vaccination. Là encore, un rappel de vaccination sera important pour continuer à être protégés contre l’infection.

Les premières données montrent que la vaccination continue à protéger contre les cas graves, mais dans une moindre mesure que contre le variant Delta. Des données provenant d’Afrique du Sud indiquent que, avec Omicron, la protection offerte par la vaccination contre les formes graves est d’environ 70 % après l’injection de 2 doses de vaccin. Avec le variant Delta, ce chiffre était supérieur à 90 %. Ainsi, on peut s’attendre à ce qu’un plus grand nombre de personnes doublement vaccinées aient une forme grave de la maladie que lors de la vague Delta. D’autres données au sujet de l’Angleterre seront publiées sous peu. Une troisième vaccination permettra d’éviter une grande partie des infections et de prévenir les cas graves.

Que signifient ces scénarios pour les personnes qui ne sont ni vaccinées ni guéries d’une infection ?

  • Actuellement, on parle beaucoup de l’évolution prétendument moins grave d’Omicron. Selon les premières données, Omicron entraînerait effectivement des évolutions un peu moins sévères que le variant Delta.
  • Il est important de noter que Delta provoque des maladies beaucoup plus graves que le virus du SARS-CoV-2 de 2020. D’après les premières données, la gravité des évolutions Omicron semble se situer entre celle du virus SARS-CoV-2 qui a circulé début 2020 et celle du virus Delta.

Que signifient ces scénarios pour les hôpitaux suisses et pour la société ?

Avec la propagation rapide d’Omicron, un grand nombre de personnes pourraient tomber malades en même temps. Nous nous attendons à ce qu’une partie de ces personnes subissent des évolutions graves de la maladie, comme nous l’avons évoqué plus haut. Avec un nombre élevé d’infections, il y aura donc un nombre important d’hospitalisations, ce qui soumettra le secteur hospitalier à une forte pression.

Les infrastructures centrales, les entreprises privées et les institutions publiques ressentiront également la pression si une grande partie du personnel ne peut pas se rendre au travail en raison de l’isolement et de la mise en quarantaine. À moyen terme, on ne sait toujours pas dans quelle mesure les conséquences du COVID long affecteront la société.

Quelles précautions peut-on prendre afin de réduire cette pression due à un nombre élevé d’infections ?

Nous connaissons parfaitement les outils pour y parvenir : vacciner, tester, porter des masques, aérer les espaces intérieurs et réduire les contacts.

En vue de la reprise de la vie professionnelle et scolaire après le Nouvel An, il serait important de profiter des jours à venir pour élaborer de bons concepts de protection et les mettre en œuvre immédiatement.